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    Apprendre, comprendre, connaître, désirer, il aurait fallu qu'ils me fassent aimer. Et mon expérience d'eux a fini de ruiner en moi l'essence même de la parole de l'autre. Il y a de belles choses dehors. Mais les visages je préfère les voir sans moi. Trop été abandonné. Trop été instrumentalisé. Ils sont fous. Je n'étais qu'un mateur sans sexualité. Rien de méchant. Ils sont fous. Ils m'ont dit que c'est mal. Ils m'ont dit que ça vaut rien. Ils m'ont dit que je ne sais pas aimer. Ils m'ont dit tu peux pas aimer. Ils m'ont dit ferme ta gueule. Ils m'ont dit crève un peu plus pour nous. Je suis mort. Il n'y aura pas d'ami. Il faut bien le dire. Je les dégueule. N'en déplaise au rectifieur d'âme et au dresseur de corps. Je suis comme je suis. Ils sont fous. Ils y avaient les gitans qui passaient avec leurs camions une fois par mois pour ramasser les enfants pas sage. Le chiote, il était dans la cour. La porte qui donnait sur la cour, elle ne fermait plus. La grande fenêtre de la cuisine, elle tenait avec une petite cuillère. Pisser la nuit, mieux valait oublier. Le cabinet de toilette de l'étage, il n'avait pas de chiote et la porte ne fermait plus et la lumière, je ne l'ai jamais vu fonctionner. La lumière de l'escalier non plus je ne l'ai jamais vu fonctionner.  Le gaz, le soir, il fallait le fermer de peur que ça explose. J'avais peur que ça explose. J'avais peur. Faut pas que je me plaigne. J'ai à bouffer. J'avais peur. Pas une maison. Pas une famille. Pas un abri. Un toit sans chaleur ni sécurité. Mais j'avais à bouffer. La grande rue, fallait pas la traverser. Il restait le pâté de maison. Un parc à bébé grandeur nature. Ma nature, il y a belle lurette qu'elle avait été violée. Dépossédé. Des parents manqué. De quoi haïr un architecte. J'avais déjà eu trop peur. Qu'on ne m'enferme plus. Ils sont fous. Ne touchez plus à mes sentiers. Mes mots et mes dessins, ils montent au ciel. Papa me dépose des cailloux aujourd'hui. C'est comme ça que je suis. C'est comme ça que je guéris. Et si je veux croire au Père Noël, je crois au Père Noël. Plus jamais de désenchanteurs chroniques, d'élagueurs de cœur. Pas besoin d'un diagnostic. Je suis fou. Prenez bien tous vos jouets de faux hommes, vos théories et vos gris mots. Laissez vivre mes sentiers. Ils n'ont tués personne. Otez vos outils de mes doux rêves. Ne touchez plus à mes oiseaux. Je suis fou. Je suis comme je suis. Je pense à toi quand je suis au fond du trou. Je compte un peu sur mes dix doigts et mes dessins sont à toi. Un petit coup de baguette magique et, dans mon lit, t'es super élastique. Pas besoin d'un diagnostic. Ma tête est trop grosse pour mon corps. Faut pas qu'elle tombe sur toi.  Bonne année, bouche à rosée. Tiens. Un caillou.


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