T'en souviens-tu. Ce chemin menait l'école d'architecture à la faculté des sciences humaines. Tu m'avais répondu un salut, à la hauteur d'un prunier. Je t'avais dis un bonjour, et j'ai eu chaud au coeur, un prunier sauvage. Je reviens vers toi aujourd'hui et il n'y a plus rien, ni saison ni foret. Je suis fatigué. Je me suis battu, quinze années de guerre. Aide-moi, s'il te plait. Deviens pour mes pensées un tuteur, pour un temps. Mais écoute: tu devras me laisser par moment. Alors je taillerais mes branches et moi seul ôterais mes rejets. Je dois me déshabiller à présent. Ce n'est pas de l'impudeur. Je l'ai choisi. Veille surtout. Prend soin de ma route. Que je puisse bouger encore un peu serein et prendre force. Pour qu'enfin je puisse repartir, légers et tête haute, avec ce tant mal poussé, juste ce temps mal semé d'un imberbe.
Publié par mayoune à 15:29:54 dans . | Commentaires (0) | Permaliens