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Juste rien et 2 poils de chèvre.

La fenêtre d'un philosophe malement euthanasié.

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... | 15 mai 2006

Je suis venu fragile à la vie mais joyeux et plein d'élans. Je n'ai reçu que peu de grammaire de l'école et ma famille n'a pas pu me soutenir. Mais pour vous dire dans quel état m'ont mis ces gens, sachez qu'il y à peu j'étais encore à la rue. J'avais jeté tout ce que je possédais sur le trottoir. Puis j'ai jeté les clefs de mon appartement dans une bouche d'égout. J'ai volé un chéquier. J'ai payé des travaux imaginaires sur l'autisme à un architecte de la place Gambetta. Plus tard j'ai écris des doléances à Alain Juppé. J'en ai même posté dans la boite destinée au père Noël qu'il y avait lors du grand marché de fin d'année. Plus tard, j'ai fracassé les vitrines d'une association d'insertion à coup de hache. J'ai envoyé un pavé dans la vitrine de la boutique d'alimentation librairie d'une secte implanté sur la ville. J'ai aussi envoyé une pierre dans la vitrine d'un atelier d'architecture. En fin d'année, j'étais sur les quais. J'avais jeté mon saxophone au fond du fleuve. La reine d'Angleterre et Monsieur Bouygues étaient sur la Lune. Ils envoyaient Mercure dans le soleil et Pluton sur Jupiter. Cela devait nous ramenait l'Etoile du Berger. Assis, les pieds dans le vide, les yeux fixés au ciel, j'attendais que l'étoile s'approche.



Aujourd'hui, je ne suis plus rien. Si. Un fou dangereux à interner pour les uns. Un délinquant violent à emprisonner pour les autres. Je suis un cas social. Et je ne souhaite pas laisser seulement à autrui le soin d'étudier ce cas et d'en tirer des conclusions. Je ne souhaite pas être un numéro dans un panel statistique et une étude. Je ne suis plus rien. Et elle est là mon expérience. C'est le départ d'un bilan de vie et d'un chemin de philosophie possible. C'est un travail que je commence. Loin des deux grilles de lecture qui monopolise les regards de la majorité des individus qui aujourd'hui se penchent sur un tel cas. La marxiste et la freudienne. « Vous êtes, aujourd'hui, ce que vos trois premières et cruciales années de vie ont fait de vous », me diront les freudiens. »Vous êtes, aujourd'hui, ce que le capitalisme a fait de vous », me diront les marxistes.  J'ai suffisamment entendu ce genre de musique. Elle masque des réalités et des faits. Et en définitive, elles ne font qu'encrer un système sociétale en place et asseoir davantage des pouvoirs et des autorités contestables. Freud et Marx, repris par les acteurs sociaux dans leurs approches, ne sont plus que moteur apragmatique, inefficace et davantage force de conservatisme que de progrès ou de renouveau.



En cela, ce bilan est aussi celui de tout les individus de cette époque, fragile ou pas. Nous sommes tous, à quelques de degrés que ce soit, récupérés, normalisés, dirigés, et instrumentalisés à des enjeux et des combats qui ne sont pas les nôtres. Nous sommes des objets à manœuvrer dans des logiques de combats commerciaux, politiques, philosophiques ou religieux. Et les acteurs sociaux qui brandissent l'étendard de l'humanisme ou de l'universel ne sont pas les derniers à nous aliéner. Il est plus facile d'adopter une attitude de recul citoyen face à ce monde de consommation que de garder son libre arbitre face aux professionnels de l'humain.



Partout ils se permettent de gouverner nos chemins. Les dérives sont nombreuses et profondes. Liberté. J'étais bien trop naïf et trop faible pour m'en approcher, incapable que j'étais d'éviter les pièges à cons et les chemins boueux que me proposait mon époque. Puisse mon témoignage prévenir, faute de guérir.

Nota Bene : Quand j'étais étudiant en Sociologie, un professeur avait souhaitait que nous réfléchissions sur la Cité Idéale telle que nous l'imaginions. Il nous avait donné un texte d'un sociologue pour base de réflexion. Le Sociologue, dont j'ai oublié le nom, voyez une cité où les individus pourraient baiser qui ils voulaient, quand ils voulaient, où ils voulaient et sans demander l'avis de l'intéressé. C'était pour le Sociologue, un moyen de libérer l'humanité de ses tabous et de ses préjugés. Je n'ai pas traité le sujet à l'époque. Je ne connaissais rien à la vie. Je n'ai pas voulu y goûter. Mais aujourd'hui, je suis définitivement plus rien. Et c'est avoir beaucoup d'expérience. Je vous livre donc le portrait de la Cité Idéale telle que je la vois.

 

Publié par mayoune à 17:05:09 dans . | Commentaires (0) |

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