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Juste rien et 2 poils de chèvre.

La fenêtre d'un philosophe malement euthanasié.

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... | 19 juin 2006

 



Je n'aime pas l'école : ça pue. J'ai plus envie d'aller à l'école. C'est pas beau. C'est pas gentil. C'est bête. C'est méchant. Y a pas de rideaux aux fenêtres. C'est décoloré. Y a pas de vie. Y a pas de champs. Y a des cons, des méchants et des bêtes. Y a même de la morale au tableau et des cartes à con qu'il faut commenter. Y a rien à en dire. J'ai pas envie d'en parler. Ca me fait chier. C'est pas intéressant. Y a rien à découvrir. Y a rien à voir. Que du faux semblant. Ca m'emmerde. On m'applaudit avec les mains. On me fait tousser pour regarder mon sexe. On m'inscrit au tableau. Oh la la qu'il est beau. C'est pas bon l'école. Je veux plus y aller. J'y suis jamais aller. J'y retournerais plus jamais. C'est fini l'école. C'est terminé. Ca n'a jamais commencé. C'est un aller retour. Je me suis trompé d'heure. C'était pas mon heure. C'était pas mon jour. Y a pas de temps pour la décrire. C'est moche. Y a pas de couleur. Y a pas de vie. Je me suis trompé d'école. Je me suis trompé de vie. Y en a qui lève le doigt pour répondre. Répondre quoi, je ne comprends pas, c'est des leçons. Pourquoi faut écouter. Pourquoi faudrait comprendre. Je comprends. Y a rien à comprendre. Y a rien à inventer. C'est pas la vie. Y a pas le vent, y a pas les arbres. J'aime pas l'école. Je veux plus y retourner. Y a pas de main pour m'accompagner. Y aura jamais de main. C'est fini. Fini l'école. Partir, ailleurs. Faire une cabane. M'y retrouver un peu, regarder autour de moi écrire. M'inventer une école à moi tout seul. A moi le monde. A moi la vie. Je vais refaire le monde et me refaire une vie. Je veux plus d'école. Je veux plus de vie. Ca me plait pas. Ils sont bêtes. J'en parle parce qu'il faut en parler. Tout le monde en parle. Alors moi ça me fait peur. Ils le disent tous. Maintenant j'ai peur qu'ils meurent les oiseaux. Ils vont mourir les oiseaux. Tous les oiseaux. Ils vont mourir. C'est sur. Tout le monde le dit. Ils le disent tous. Ils ne font que des conneries les hommes. Je ne veux plus aller à l'école. Je ne veux pas devenir un homme. Je veux pas devenir comme eux. J'en ai marre. Laissez moi. Laissez moi. Seul, là, dans ma cabane. J'ai besoin de pleurer, de me retrouver. J'aime pas l'école. J'aime pas ce groupe. J'aime pas ces enfants. Ils m'ignorent ou bien ils sont cons ? Ils me ressemblent. Comment c'est possible ? Je ne les comprends pas et je les comprends. C'est des enfants. Moi je suis adulte. J'aime pas l'école. Je suis un homme. Je veux plus aller à l'école. Je veux m'inventer une vie. Ma vie, pas la leur. Je ne veux pas de leurs leçons. Je ne veux pas de leurs livres ni de leurs cahiers. Vous m'ennuyez. Laissez moi. Je fais des fautes. Je sais pas écrire. J'écris mal. On me fait redoubler. Y a pas moyen d'avancer. Je suis idiot, un cancre, un âne. On me fout au coin. Et mon âme, et mon coeur et mes yeux, ils ne voient rien ? Vous ne m'écoutez pas. Vous ne m'entendez pas. Je ne parle pas. Je ne parle plus. Vous ne m'entendez pas. Je ne vous aime pas. Je ne vous aime plus. Je vous hais. Laissez moi. Ne me notez plus. Ne me jugez plus. Plus de cahier, plus de livres, plus d'école, plus de maison. Un roseau, un arbre, une ficelle, une cabane. Peut être la vie là bas. Un ami, il va passer. Il viendra dans ma cabane. Ensemble. Seul. Je ne veux plus de vous. Vous me faites chier. Vous dites que des conneries et moi j'en dis aussi. Parce qu'il faut en dire. Parce qu'on m'en apprend. On m'apprend à faire des conneries. On m'apprend à être un homme. Je veux pas. Jamais. Je veux plus être un homme. Je veux plus vous écouter. Je veux plus. Je veux plus de vous. Non. Non. Non. Pas cette vie. Je suis un oiseau. Je veux rester un oiseau.Toujours un oiseau, qui ne vous aime pas. Vous me détestez. Je suis un autre. Je vous ressemble ou bien je ne vous ressemble pas ? Dites le. Dites le moi. Suis je humain ? Suis je un enfant, un monstre, un animal ? Un singe. Je suis un singe. A vous singer, à vous regarder, à vous écouter, à parler comme vous, à vouloir vous écrire, je suis un singe. Ils veulent plus vous parler les oiseaux. Vous me dégoûtez. Je ne veux plus de cette vie. Je ne veux plus de ce monde. Je veux pas exister. Je veux rester autre. Là, seul, me créer, moi même, exister, animal, oiseau. Je veux faire mon terrier, mon nid, mon île, je veux faire mon if et vous tuer. Dans ma cabane, vous écouter de loin, vos conneries, vos singeries, vous hypocrisie, vos enfantillages. Je ne veux plus de vous. Je vous hais. Partez. Laissez moi. Pas vos regards, vos mains, vos coeurs, vos âmes, vos combats, vos routes. C'est d'autres routes que je rêve. Des routes dévastées par vos conneries. Des cauchemars mes rêves aujourd'hui. C'est du sang vos route. Partez. Méchants. A jamais. Partez. Je ne vous aime pas. Vous êtes des hommes. Laissez moi. Laissez moi. Animal. Laissez moi vivre. Je le vois. Je le regarde, ses yeux, je l'aime. Je le veux. Je veux l'embrasser, le caresser, l'étendre, l'étreindre. Mourir. Un sourire égratigné, une petite craquelure. Je t'aime. T'es quoi toi ? T'es qui ? T'es un autre ou t'es moi ? T'es un enfant, un homme, un roi, un animal, t'es qui ? Tu me ressembles. Qui es-tu ? Je veux de toi. Viens. Je peux t'embrasser ? On peut se serrer, se réchauffer. T'es qui ? Viens. A trop fuir les hommes je suis mort. A trop maudire les hommes, je suis mort. A trop vouloir les hommes, j'étais mort déjà. Ecrasé. Ecrasé. Ce coeur ne peut se dire, ce regard ne peut pas s'ouvrir, s'offrir, ces mains jamais caresser. Et ces jambes, elles me portent vers quoi ? Quel autre ? Je ne veux plus rien de vous. Vous m'avez tué. Vous m'avez crevé. Je ne veux plus rien de vous : école, professeurs, médecins, amis, famille, père, mère, frères. Je ne veux plus de vous. Je ne vous aime pas. Je vous hais et je vous ressemble. Je vous ressemble. Et je vous hais. Je veux être autre, je veux, rester, toujours, le même avant vos mains, là bas, l'enfant, l'oiseau, là bas, l'oiseau, la route, là bas, la route, la route, partir, partir, partir. Une cabane dans un arbre. Une cabane dans un arbre. Un arbre. Un arbre. Une cabane. Sourire de loin, jamais m'approcher, jamais me faire caresser, jamais me faire embrasser, plus jamais me faire toucher par vous : vos regards, vos mains, vos mots, vos leçons, vos théories, vos écoles, vos partis, vos entreprises, vos pays, vos communautés, vos hommes, vos géographies, vos philosophies, vos histoires, vos armes, vos canons, vos lèvres, vos amours, vos tombeaux. Laissez moi. Laissez moi. Laissez moi. Je suis seul. Je suis seul, éclaté. Je suis seul, éparpillé. Seul ici, dans une maison, dans un arbre. Une maison dans un arbre. Eclaté, éparpillé, je suis. 4 murs autour de moi. Une maison dans un arbre. Je vous ai aimé à en crever.

Publié par mayoune à 13:29:59 dans . | Commentaires (0) |

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