Publié par mayoune à 11:40:21 dans . | Commentaires (0) | Permaliens
Je viens prendre mon petit café sous les arcades. A coté de moi, il y avait une dame qui dejeunait. Un oiseau se pose sur sa table. Il tente d'arracher un petit morceau de mie. La dame le chasse. Elles ont l'air bonne ces tartines. Il y revient. Elle le rechasse. Elle a l'air mechante. La vache. Aujourd'hui, on donnerait même pas une miette à un oiseau.
Publié par mayoune à 11:33:58 dans . | Commentaires (0) | Permaliens
Monsieur De Subtil, médecin psychiatre , diagnostiqua ma maladie en 1989. Bouffée délirante aiguë. J'étais alors étudiant à l'Université de Toulouse-Le Mirail. Au Collège, j'avais demandé d'être orienté vers un cycle professionnel. Mais le grand projet Mitterrand Lang d'amener 80% d'une génération au Bac était sur les rails. Les professeurs applaudissaient les premières mesures. Ils sabraient au champagne leurs incertitudes. Je n'étais que moyen, je ferais des études. Le cycle professionnel me fut refusé. De logiques de tuyau de poêle en bouche d'étranglement, je me retrouvais en Sociologie. Terminus. Nous étions 2000 inscrits en première année. L'Ufr de psychologie, à côté, faisait salle comble. C'était la guerre. Laquelle des deux disciplines imposerait son gouvernement à l'autre. Le premier jour j'appris : «Le fait social, on ne sais pas ce que c'est, ni même si cela existe». Le deuxième jour, j'appris qu'un préavis de grève était posé et que c'était le plus sur terrain pour
devenir sociologue. Le troisième jour, un étudiant entra dans la classe. Il était sociologue et géographe, en maîtrise et syndiqué. La trentaine, cheveux long, barbu, marchant pieds nus. Une certaine frange et un tissu. Un air de liberté. CGT, peut être. «Si vous êtes parvenu jusqu'à l'Université sans esprit critique, vous n'en acquerrez plus jamais», c'est comme cela qu'il débuta son discours. Le professeur d'ethnologie, à deux pas, souriez sans rien dire (terre humaine). Le courant me demandait de lancer ma pierre. Je la laissais tomber, là, dans ce ciment, ce Notariat de ce temps, gauche et pluriel. Sans rien pouvoir y mettre de mon sentiment. J'allais bientôt chanter, contre je ne sais plus
quel ministre : « t'es foutu, les étudiants sont dans la rue ». Là où il aurait fallu gueuler : «RMI, piége à con. Mitterrand assassin, Mitterrand démission».Mais le grand rassemblement « souverainiste » occupait tout l'art de la critique. J'étais avec ce cœur qui "battra toujours à gauche. Je travaillais, malgré moi, à une mise à mort. Celle d'une troisième voie alors possible. Cette opportunité ne se présenterait plus pour ce pays.
Lors du dernier mouvement de grève de l'Education Nationale cette année, j'avais regardé un reportage du journal télévisé de FR3-Toulouse. Une étudiante de Sociologie, inscrite à la Fac du Mirail, et syndiquée, énumérée les revendications du mouvement. (Je résume) : «Des sous, des sous, gnagna, gnagna, des moyens, des moyens. C'est nous qui l'avons le bon chemin. On est professeur et médecin. Na ! ». Puis le journaliste demande au gréviste ce qu'elle comptait faire de son avenir. « Une carrière politique d'abord », elle répond. «Puis, dans une 20ène d'année, je compte créée mon entreprise, pour prouver que nous aussi nous avons de bonnes idées ». J'ai pu apprécié que rien n'a changé dans nos Universités de sciences humaines. Et que la base est prête à faire perdre 20 ans de plus à ce pays. Rien n'a changé. C'est la structure qui leur tient de cerveau.
Pendant la crise des banlieues un représentant l'éducation nationale fit une proposition. Il était question de mettre en place des stages obligatoires en établissements scolaires, en crèches, en associations pour tous les patrons. Ces gens ignorent t-ils que 95 % des chefs d'entreprises en France sont de petits patrons, ayant moins de cinq employés, ayant fait leurs scolarité dans le Public, y envoyant aujourd'hui leurs enfants, et les accompagnant le samedi dans des associations sportives ou culturelles ? Est-il sain pour une démocratie, une économie et un pays que les acteurs sociaux y aillent à coup de batterie idéologique lourde. Peut-on laisser les syndicats, les partis assimiler tous les chefs d'entreprise aux grands patrons financiers des multinationales ? Pour en définitive des intérêts électoraux immédiats au détriment de l'intérêt général, du bien du plus grand nombre ? Nos hommes politiques ne gagneront-ils plus les élections que sans programme, sans vision d'avenir et sans ambition pour la jeunesse et pour la France ?
La gauche refuse d'adapter le système éducatif à l'entreprise. Cela ne fait pas parti de sa culture. Cela n'est pas la culture. Et elle s'oppose aussi à ce que l'on aille chercher des individus diplômés ou formés à l'étranger. C'est piller les pays pauvres, dit elle. Mais une troisième voie est-elle possible avec une opposition systématique, apragmatique et de simple logique clientéliste ? Vous prenez le budget de l'Education Nationale actuelle. Vous le diviser par le nombre d'élèves. Vous vous
apercevez d'une chose. Il y aurait moyen de financer 10 professeurs particuliers à chaque gosse de France. Le problème de ce pays est-il seulement un problème de sous et de moyens dans l'Education Nationale ? Je pense que le problème est avant tout celui des idées, des initiatives et de la créativité que peuvent dégager aujourd'hui ces structures. Elles pèsent sur nos mentalités. Et pour trouver un précepteur, il faudrait creuser. Pourquoi sont-ils si attachés à leurs statuts, leurs machines, leurs méga structures, ce mammouth ? Instaurer une allocation pour l'éducation privée en contrat avec l'état, ne serais-ce pas la possibilité qu'émerge la créativité, l'imagination, l'initiative ? N'y aurait-il pas possibilité d'écoles multiples et singulières, avec la même chance pour tous ? Un autre monde est-il vraiment possible avec ces éternels donneurs de leçons ? Finalement, je suis de l'avis de Nicolas Sarkozy. C'est d'un grand coup de Karcher dont à besoin ce pays. Mais
cela n'est pas sur les cités qu'il faut le passer. C'est sur l'Education Nationale (psychanalyse, socialisme, communisme, syndicalisme) : l'Usine à merde première de France. Il faudra la dégraisser, la déréguler à coup de décrets ultra libéraux. Liberer l'humain des carcans d'un autre temps qu'imposent ces professeurs grands médecins. C'est la possibilité qu'émerge des havres d'inbitiatives et de progrès possibles. C'est faire naître un penser utile. Dans ce qu'il est un penser autrement. Libre et attaché à des valeurs humaines et sociales. Le contraire serait laisser aux structures le soin de nous tenir de cerveau.
Mais reprenons le court de l'histoire. C'est dans cette Université que je me pris pour un sorcier. Sentiment d'abandon et d'impuissance. Faut dire aussi, j'avais Monsieur le Professeur De Truc, en Statistiques. Ses travaux étaient médiatisés. Mr De Truc traitait ses confrères de sciences moles. Il était le chercheur de l'Université. Il avait un laboratoire de parapsychologie au sein de l'Université. Un jour, il nous convia à faire tourner des tables. Je restais à l'écart de cette séance de spiritisme. Mais quelques heures plus tard, une élève de ma classe vint me trouver. Elle me dit que Monsieur le Professeur De Truc l'avait invité dans son laboratoire pour tirer des cartes de façon aléatoire. Et le Professeur De Truc en avait conclu qu'elle possédait des pouvoirs paranormaux. Je vis que l'étudiante avait un problème à un œil. Un sorte d'œil qui paraissait mort. Je me demandais si le professeur De Truc repérait de possible cas à leur défaut physique. Et j'avais toujours pensé que j'avais un vilain nez. Je rentrais chez moi. L'idée avait fait son chemin. J'avais une chaîne en argent au bout de laquelle il y avait une croix celtique. Je prenais la chaîne par un bout et je tentais de la faire tourner par la pensée. Et je le cru. C'est comme cela que débuta ma bouffée délirante aiguë. On dit que ma maladie est multi factorielle. Cela explique, parait-il, qu'elle est si difficile à soigner. J'ai eu pour facteur déclenchant à mon mal : les avancées de la statistiques
toulousaine. A l'origine, j'avais souhaitais devenir laborantin. Loi du hasard : je n'ai pu me prendre que pour une sale gueule. Plus tard mon père tenterait d'exprimer à Madame De Verol, médecin psychiatre en chef de l'hôpital de Jour de la MGEN, qu'il pensait que mon délire venait de cette expérience. Mon père était retraité militaire et artisan. (Autant dire bourrin et inculte). Madame De Verol lui renvoya : « Mais attendez Monsieur B. Monsieur le Professeur De Truc est un scientifique, un chercheur. Il travail avec sérieux ». Avec ces gens là, c'est toujours la même histoire. On peut pointer du doigt n'importe quel fait, disfonctionnement ou problème. En retour, c'est toujours la même question en guise de réponse : « Qui vous a mal torché avant l'age de vos trois ans, de votre mère ou de votre arrière grand-tante ? ». Et ma maladie est aussi cela. Nous sommes devenus un pays d'institutrice et de cheftaine à tapette ».
Publié par mayoune à 15:37:29 dans . | Commentaires (0) | Permaliens
Après « Martine et les 35 scléroses », un deuxième volet nous est proposé : « Martine et Eva ». Merci maison France. Il faudra bien le comprendre. Il n'y a pas que des grands patrons financiers dans ce pays. Il y a aussi de petits chefs d'entreprise, des artisans qui travaillent 15 heures par jour pour se sortir un salaire : le Smic. Proposons leur la même somme d'argent sans rien faire et ils seront tentés. Et ce sera des métiers qui se perdront, des savoirs faire qui disparaîtront comme autant de langues mortes. Proposez l'équivalent d'un Rmi au 18-25 ans, soyons en sur, c'est des savoirs faire qui ne se transmettrons plus. Ce sera une jeunesse qui perdra le goût de l'aventure et du courage. Ce sera des mains qui se fermeront ou ne s'ouvriront plus. Et là même où l'on avance les mots de générosité et de solidarité. Ce sera des cœurs qui se tairont ou bien ne feront plus qu'entendre la musique de leurs petits statuts. « Eva », passeport pour l'indépendance et le bien vivre nous dit « Martine ». Bien plutôt carrière d'esclavage. Petits statuts à devoir voter. Au droit d'encrer la défaite et la résignation. « Eva », chemin d'infortune. Histoire bouclée. « Eva » n'est pas l'ouverture. Elle n'est rien d'autre que la mort.
Publié par mayoune à 14:02:51 dans . | Commentaires (0) | Permaliens