"Ecarte", il m'a dit. Puis plus tard,
il a rajouté : "T'aurais pas
une maladie ?
J'ai des boutons sur le gland !".
Publié par mayoune à 16:01:33 dans . | Commentaires (0) | Permaliens
Tu ne me croiras pas. Je viens d'en apprendre une bonne.
Les livres sont une somme de connaissance écrits pour tous et accessible à tous. J'étais resté sur l'idée qu'il y avait deux niveaux de lecture. La première disponible à tous et de premier degré. La seconde cachée. Connaissance cachée. Disponible aux individus ayant accomplit la grande transformation et révélation suprême du 7ème Ciel. Pour les pauvres individus comme moi le caché ne pouvait être atteint que par décodage, déchiffrage. Que me cachait on ? Cela devait être merveilleux et terrible. A l'image des Contes pour enfants et dans leurs continuations. Il y avait là des choses cachées, je le sentais. Adulte, la vérité me serait révélée. Merveilleuse et terrible. On nous lisait des contes, on nous racontait des histoires, on nous disait des sornettes pour mieux nous y préparer. La vie. Telle un conte. Vérité. Et cette magie, ce mystère et ses pouvoirs je les détiendrais après la grande transformation et révélation suprême du 7ème Ciel.Et je n'aspirais qu'à cela dans mes délires. Je me transformais. J'agissais à distance. Je transformais la matière. Il n'y avait pas de mort. Tout illusion. Et vie seulement jeu. Perdu. Nous étions perdus sur cette planète. Alors à quoi bon. Sinon jouer. Tout était possible. On pouvait bien se tuer ou bien tuer. Il n'y avait en définitive que renaissance. J'explorais la réalité. Je déchiffrais et je décodais pour connaître le grand mystère et pouvoir agir et jouer sans avoir à subir la grande épreuve de la transformation et de la révélation suprême du 7ème ciel. Elle me faisait peur. Je ne voulais pas me transformer. Je voulais resté le même. Enfant. Ne pas y toucher. Trop beau. Toujours. Le même.
Mais non. Non. Me croira tu ? Il n'y a pas de grande transformation et révélation suprême du 7ème Ciel. Ni de baguette magique. L'enfant demeure. Intact. Toujours. Je l'entends. C'est merveilleux et c'est terrible. Seule l'enveloppe et la carcasse se transforme au fil du temps. J'entends l'enfant. Je le sens. Je le vois. Il brûle toujours. Ce n'est pas d'idiotie. Ce n'est plus une maladie. Il n'est pas le témoin d'un temps arrêté qui n'a pas connu la grande transformation et révélation suprême du 7ème Ciel. Il n'est plus le bruit d'un vide d'évolution. C'est juste un enfant. C'est juste comme cela. C'est la vie. C'est merveilleux et terrible. C'est affreux. Parfois j'aurais préféré être abattu au sortir de ma mère que d'avoir à affronter le jour 39 ans de plus.
Mais tu est là. Souvenir et présence lointaine. Chaleur. Douceur. Mirage. Et c'est d'un désert que je sors pour t'aimer un peu plus.
Publié par mayoune à 10:55:57 dans . | Commentaires (0) | Permaliens
Les rivages lointains qu'on imaginait. Si proche, là, dans la main, dans la voix, les yeux, les rires, les jeux, dans les chants, dans la rue. Rivages lointains mais présent, là, dans notre vie, Dieu ou bonne étoile, nonchalance à ne pas pouvoir imaginer le pire. Une vie arrêtée qui fusait, qui roulait, qui coulait avec nous et le rire des oiseaux. C'est loin. Encore présent. Enfance. Refuge. Une cabane, quelques années, un feux de bois, des cailloux, rien d'autre, un petit quelque chose. Une ronde, une farandole, des saute-mouton et des cache-cache, des chats perché, des cordes, des jeux de l'élastique. Dans tout les sens, heureux, dans le corps, sans queue ni tête, heureux. Malheur caché aussi. Mais que d'instants nous pouvions prendre, que de moment, de poignée de bonheur. Il fallait rien. Et le chemin que nous prenions, entre cimetière et parcelle de Monsieur Esparceil. Il menait au dépotoir. C'était un chemin d'honneur, de gloire, vers les trésors, les secrets, la crasse. Les clous, les pneus, les carcasses de frigo, les machines à laver, les fils électrique et le cuivre que nous voulions vendre. De la terre renversée, des vieux vêtements, là, un flaque, des petits chat noyés dans un sac, des légumes pourris, là, des pieds de tomates qui vivent, qui portent du fruit au milieu de cette terre. Un miracle ces pieds de tomates. Je les vois. Les arracher, les amener ailleurs, mais je n'est pas de jardin. Des cabanes et le ferrailleur à côté, le hangar. Du maïs tendre, un corbillard, des bouteilles. Parfois de vieilles pièces, là, un sourire de coquelicot, ici, des fleurs blanches avec du jaune au milieu, charnues, mi pâquerette, mi marguerite, odorantes. Et les bleuets dans cette décharge. Y avait des bleuets dont la couleur se donnait, anachronique. De vieux vélo aussi, de vieux jouets, rouge, bleu, vert et un canard jaune, des nounours, des poupées, de vieux journaux, des papiers jaunis. Nous cherchions l'inconnu, le secret, l'histoire de tant d'objets. Des cailloux, des cailloux, de la terre, de la terre et la terre avançait à chaque camion qui en déversait. Et le vide se combler. Bientôt la décharge tomberait dans la rivière. La décharge d'en haut avancée. La décharge dans bas devenait plus mince. Tout recouvert un jour, il ne fallait rien laisser perdre. Urgence. Et à côté le cimetière était retenu par des peupliers plantés en terrasse. Et il y avait cette lumière. On y allait longtemps, tout les jours, je ne sais plus ce qu'on y faisait. Il y avait les premiers jeux d'amour, dans les ordures, cachés dans des cartons. Nous les ramenions derrière le château d'eau. Nous en faisions des trains fantômes et des cabanes, salle commune et chambre à part. Enfance. Etait-elle autre chose qu'un déni d'absence. Nous étions peu et beaucoup, proches et si éloignés plus tard par l'école. Retirés des champs, éduqués nous serons. Chemin perdu, trace que je ne suivrais plus, simplicité révolue. Un temps assassiné, amour, jeux, construction envolés. Je n'aime pas l'école. J'aimerais un jour, je découvrirais. Non. Jamais. Rien appris. Rien aimés. C'était mauvais l'école. Si. Juste l'odeur des vers à soie, du mûrier, des cocons, de la petite imprimerie et des caractères à l'envers et le miroir et le bocal à poisson et les pots de fleurs brisés en poursuivant Christine. Des visage si proche et si éloignés déjà. J'aurais voulu qu'il me pousse des ailes. Que d'années perdues à ces écoles. Primaires, secondaires et supérieur. Mon Dieu que d'importance à ces bastions. Les études d'abord, la liberté ensuite. La vie après. La vie jamais. J'ai pas vu que je la perdait. Mélangés. Sans singularité. Et je revois mes champs, et les bouquets de brindilles. Le mimosa volé pour aller le vendre, et les soucis. Je revois les champignons de peuplier plus loin, à la Mouline. Les bouses de vaches, les troncs coupés qui pourrissaient et l'arbre à Tarzan. Il parait qu'il y avait des morts, là. Il y était toujours, sous l'eau, sous les poutrelles en fer d'un vieux moulin effondré. Des corps retenus. J'avais peur qu'il remonte à la surface quand j'allais pour pêcher. Rester au bord. Ne pas y aventurer un pied. Il parait que c'était profond ici, des mètres, des mètres. Des traîtres, des traîtres.
Publié par mayoune à 15:20:38 dans . | Commentaires (0) | Permaliens