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Juste rien et 2 poils de chèvre.

La fenêtre d'un philosophe malement euthanasié.

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... | 13 mai 2006





















 



 

 




























 
 

Publié par mayoune à 18:32:04 dans . | Commentaires (0) |

... | 13 mai 2006

à tous les enfants des bouts des mondes.

Publié par mayoune à 18:25:48 dans . | Commentaires (0) |

du | 13 mai 2006

Mais reprenons le cours des événements. Je me croyais détenteur de pouvoirs paranormaux dans cette faculté de science humaine. Mon sort, je le jetais sur un étudiant en architecture. Il prenait la même ligne d'autocars que moi. A Toulouse, l'école d'architecture et l'Université de sciences humaines sont côte à côte. Il était ce qu'il me manquait. L'image du « grand architecte », sans que je n'en sois conscient. Celle aussi du père bâtisseur qui structure. Puis celle de l'ami, de l'amant, avec ses yeux doux, ses mains calmes et le respect qu'il posait sur les autres. Quand j'étais enfant, mon père avait en charge le ramassage scolaire au village. Les bus, de vieux Saviem cabossés, il les peignait en rouge. Pour qu'on les voit de loin, pour qu'il n'arrive rien aux enfants. Il m'avait interdit d'y monter. Il n'y avait que lui qui pouvait me conduire. Un jour, durant les grandes vacances, j'y suis monté pour jouer. Je m'y suis fais violé. « Ecarte », il m'a dit. Puis plus tard il a rajouté : « T'aurais pas une maladie ? J'ai des boutons sur le gland». Et dans ce bus qui me conduisait à la Fac, et avec cet étudiant dont j'avais fini par tomber amoureux, une image de plus planée. Jamais je n'ai pu m'approcher. En Anthropologie, par ailleurs, nous devions faire une petite étude. Je souhaitais étudier "la place du prêtre dans la ville". Cela faisait peu époque dans cette faculté de Toulouse-Le Mirail. Le professeur leva les yeux au ciel à l'annonce du sujet que je souhaitais traiter. Je laissais tomber mon projet. Je choisi comme tant d'autre de traiter des sorties en boites de nuit. Autant dire que je ne fis aucune petite étude. Le sentiment religieux, des fois, il vaut mieux ne pas l'avouer. Il est des lieux où l'on normalise la singularité. Plus tard on tentera de m'en guérir avant même que je n'en pris conscience. Comme me le dirait plus tard le Docteur De Lamerde De Plus, noble représentant de la psychanalyse bordelaise :" Des millions de gens fréquentent les églises et cela ne change rien à leur vie".


Ma mère est née à Neuilly-sur-seine. Ma grand-mère était concierge et avait préféré, au dernier moment, élever son enfant en fille mère plutôt que se marier. Aussi ma mère...bénéficiait d'un peu d'attention particulière de la part du "patronage" de l'Abbé Bouzigues. Elle y avait connu Mère Marie de la Croix. Aujourd'hui Oblate de l'Eucharistie à Rueil-Malmaison et très âgée. J'avais rencontré la religieuse au cours d'un de ses pèlerinages à Lourdes qu'elle effectuait chaque année. Elle m'avait dit : « Il y a chez vous un mélange d'intelligence et de grande naïveté, vous devriez vous méfier de certains médecins ».Je n'ai pas compris sur le coup ses paroles. Elle me donna un marque page avec un anneau d'amarrage et la citation de St Paul: « Saisissez fortement l'espérance qui vous ai offerte ». Cela je ne l'ai pas oublié. Et j'ai toujours cru qu'il y avait un possible, une chance.Mais pour le moment je connaissais, finalement et seulement, la psychiatrie. Pas d'hospitalisation à ce premier délire. Un entretien de suivis 1 fois toute les 3 semaines. Un traitement que j'avais du mal à supporter. Six mois plus tard je rechuter. Une amie de Lycée, Melle De Frites, étudiante en sciences politiques, me proposa de me faire fumer une cigarette de cannabis. Ce fût la première et la dernière. Nous avions fait un voyage ensemble, l'année précédente, à Venise. Pour Melle De Cone, c'était cousu de fil blanc. Moi, j'étais naïf. Melle De Cone devait partir avec nous. Mais Melle De Frites
fit en sorte que De Cone, qu'elle voyait comme une rivale possible, ne vint pas avec nous. A Venise, dans la même chambre, dans le même lit, ce fut un flop. Je n'avais pas d'ami à qui parler de cet incident mineur. Il enfla, donc, dans ma tête.
D'autant que Melle De Frites m'en fit endosser la responsabilité. Je compris plus tard que l'attirance pour les individus
de mon sexe n'expliquait pas tout. Une fille bien foutue, pour ce genre de caprice, cela aide. A la « prairie des filtres »
à Toulouse, me proposant un joint, Melle De Frites voulait encore comprendre, expliquer. Je cru dans les 5 minutes que l'on
pouvait lire dans mes pensées : cette fille moche, mal foutue, avec son corps mort et son odeur de frites. Ce fut l'expérience la plus dure de ma vie. Je mis un pied définitif dans la maladie. Ce fut, aussi, ma première hospitalisation : camisole chimique, cure de sommeil, le délire continuait, ce fut électrochocs pour en finir. Cette fois-ci, j'étais anéanti.


En classe de philosophie, au Lycée Polyvalent du Mirail, J'avais Mme De Lanone. Le magazine « Envoyé spécial » lui avait consacré une émission : « Des profs comme on en fait plus ». J'avais étudié le thème de l'inconscient. Mme De Lanone se disait opposer à la psychanalyse par tradition philosophique. Elle nous avait pourtant parlé de l'émission "Psys", en vogue à l'époque. Elle nous parlait d'une émission où un psy tentait de dénouer le problème entre une mère et son fils. Elle nous dit : « Ils ne s'entendaient pas, ils parlaient, ils parlaient, puis ( ) je ne sais pas comment vous dire ( ) il y eu comme ( ) je sais pas vous exprimer ce que j'ai ressenti devant l'émission ( ) pouf, ça s'est dénoué ». C'était le début de la télé réalité. 30 secondes pour convaincre. L'agrégée s'y ai fait prendre, et avec elle les plus cancres. Je n'ai eu qu'un seul prof : Mme De Droite, dites la Boiteuse. Avec elle j'ai appris à peu prés à écrire. Avec tout les autres je n'ai appris qu'à fermer ma gueule et à ingurgiter. Il n'y a rien de pire qu'un professeur de gauche pour se forger une critique. Quand s'est déclarée ma maladie je n'ai pu que me dire : « Si un jour tu t'en sors, cela passera forcement par la psychanalyse ». Quelle autre réponse me proposait cette époque ? Aucune. Télévisions, journaux, magazines font référence à leurs analyses. Les « Psys » ont le monopole de l'analyse de l'âme, du cœur et des chemins. Et les techniques et les outils marketing de ces Docteurs en médecine feront le reste. Quand on me proposa le Divan, ce fut dans cet état d'esprit : j'allais enfin la découvrir, la géniale, la magique, la miraculeuse, la panacée, sans quoi rien n'est possible, le passage obligé d'une pensée sure, sereine, une pensée avec recul, le passage obligé pour un bien-être, une vraie liberté. Enfin, j'allais pouvoir me révéler à moi même, connaître mes désirs vrais, le chemin que j'ignore et pourtant pour lequel je suis fait. J'allais être de ceux là.


Mais reprenons le cour de l'histoire. J'étais anéanti, une vie, des rêves effondrés à jamais. 1 mois d'hospitalisation en Clinique psychiatrique. Puis une admission à l'Hôpital de jour de la MGEN à toulouse. J'y bénéficiais d'une thérapie de soutien menée par Madame De Culot, psychanalyste. En face à face, 2 fois par semaine. Mon père était retraité militaire et artisan. Il m'avait dit : « Tu n'es pas si fou que ça. Il faudrait que tu travail un peu, pour te sentir utile, comme tout le monde et remonter la pente ». Dés l'année suivante, il m'embaucha dans son entreprise, après l'avis favorable de Madame De Verol. Elle voyait là une chance pour mon mieux être et ma réinsertion. Je quittais bientôt l'hôpital de jour, et je continuais à voir Madame De Culot, à son cabinet à présent. Puis arrêter de la voir au bout d'un an. Suivis 7 années d'entière stabilisation.Je me souviens de mon père. Dans ce centre nous avions une demi heure d'atelier le matin et une demi heure l'après midi. Le reste du temps, nous le passions à fumer dans le salon. Les plus chanceux baisaient dans les chiottes. Mon père était venu à un rendez vous avec le médecin chef. Il vous discuter avec elle de son intention de m'embaucher dans son entreprise. En avance, il avait visité le centre. Et au cour de l'entretien, il lui dit : "Que mon fils soit plus fragile que les autres, je peux le comprendre. Mais qu'il devienne un feignant, je ne pourrais pas l'admettre. Et si il reste ici, il deviendra un feignant". Le médecin chef lui retourna : "Monsieur B. Vous apprendrez que les feignants cela n'existent pas". Mon père savait pourtant d'expérience qu'il en avait été un. Ma tante m'a souvent raconté que jeune, mon père était une véritable couleuvre. Il était impossible de lui faire faire quoi que se soit. Jusqu'au jour où mon grand père, lui dit :"Maintenant tu dois faire quelque chose de ta vie. Soit tu travailles, soit tu quittes la maison. Je te conseille de t'engager dans l'armée". Mon père s'engagea. Et il n'arrêta plus de travailler jusqu'à sa mort. Je me souviens de mon père et de ce jour. Nous, pauvres humains, sommes peu de chose face à ces grandes gens qui savent tout de science. Et ma maladie est aussi cela. Cette société tue délibérément le père. Nous sommes devenu un pays d'institutrices et de cheftaine à tapettes.


Mais pour l'heure, j'allais travailler. Je tissais des liens nouveaux. J'étais autonome financièrement. J'avais pour traitement un neuroleptique de base. Le Docteur De Subtil faisait mon suivis médicamenteux. Je le voyais 1 fois toutes les trois semaines. Cette expérience de travail dans l'entreprise familiale me fit opérer un rapprochement avec mon père. C'est bien là, le bénéfice essentiel que j'en retiens. Mon père fut atteint d'un cancer qui plus tard devait l'emporter. Nous avions discuté d'un metier que j'aurais pu apprendre. Je souhaitais entreprendre une formation dans les espaces verts. Je souhaitais trouver un emploi dans une mairie. Ayant bénéficié d'une reconnaissance de handicap à 60%, par la Cotorep, à la déclaration de ma maladie, je pouvais espéré par ce biais une formation. Le Docteur De Subtil me parla d'un centre de réadaptation psychosociale dans l'agglomération bordelaise. Il était agrée par la Cotorep pour évaluer les capacité des handicapés à entreprendre une formation. Je m'y fis admettre pour une période d'essai de 5 jours, période probatoire. 5 jours, 5 ateliers psychothérapeutiques et d'évaluation. Je dis le dernier jour que je souhaitais être admis pour une période de réadaptation proprement dite. Le Docteur De Mocul, médecin psychiatre en chef du centre me promis une place dés que j'en ferais une demande écrite. En rentrant à Toulouse, mon père était décédé au petit matin de ce vendredi 2 août. J'allais être, plus tard, de part ma nature et dans cette période particulière de ma vie, attentif à écouter et à suivre les paroles du médecin chef. J'allais partir pour Bordeaux quelques mois plus tard. Finalement, j'allais connaître, seulement à cette occasion, le visage de la psychiatrie. Les petites cuisines personnelles avec dépendance, les thérapeutiques sauvages et aléatoires, et les dérives que trimballe la psychanalyse dérrière elle. J'allais mettre les deux pieds et goûtais au merdier et aux foutoirs d'un milieu professionnel. Avec le recul aujourd'hui, je peux dire que la maladie parfois n'est rien. Qu'à être atteint par une maladie chronique, autant rester malade et vivre à peu prés normalement que de faire confiance à ce genre de Docteur en médecine et de rechuter par le seul fait de leur "science" et leurs bons sentiments.


J'arrivais à Bordeaux, à ce centre de réadaptation psychosociale dans une clinique privée de l'agglomération. Je devais choisir mon médecin referant. Melle De Camet, infirmière psychiatrique, me conseilla le Docteur De Mocul. « Mr De Mocul c'est... Mr De Mocul c'est... c'est pas comme Mr De Medite (second du médecin chef) qui est un pur psychanalyste. Le Docteur De Mocul est fils de paysan, il a les pieds sur terre. Vous verrez, il est très bien », me dit-elle. Il est vrai que le Docteur De Medite avait mauvaise réputation. Un patient racontait qu'il l'avait vu plusieurs fois tombait en pleine méditation devant une benne à ordures. Et depuis il culpabilisait pour n'avoir pas su porter assistance à son médecin référant. Il est bien là le génie de Freud. Sous couvert de pouvoir un jour réparer des neurotransmetteurs défectueux par l'écoute et le silence, on accorde obédience à ce genre de dégénéré chronique. Et il serait temps que les neurobiologistes et les neurologues, ayant suffisamment de science dans l'art de manipuler l'Haldol, fassent entendre leurs voix. Les Docteurs De Lamerde De Plus & Compagnie pourraient bientôt s'accorder de plein droit le don de faire repousser la moelle. Le Docteur De Medite quitta plus tard le centre. Un médecin neuropsychiatre fit une période d'essai. Et ne souhaita pas signer un contrat de travail avec le centre. Avait-il senti que son apport personnel quant à la stabilisation des psychoses serait irrémédiablement dissout dans les rouages de cette usine à merde ? Il faudrait lui demandait. Je me souviens de lui dans la première semaine de son arrivée. Il sortait d'une réunion d'équipe. Une réunion de synthèse. Il sortait de la salle les bras en l'air et disait à qui pouvait l'entendre : « Je laisse cela à ceux qui y croient ! Je laisse cela à ceux qui y croient ! ».


 

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du | 13 mai 2006

Au centre les patients étaient mis en situation dans des ateliers à visés psychothérapeutiques (ateliers jardin, bois, photo, vie scolaire, vie sociale). Le patient entrait au centre avec un objectif (pour ce qui me concerne, une formation en espace vert). Il passait d'atelier en atelier (rotation). Au bout de trois mois, l'équipe se réunissait (réunion de synthèse) pour juger de l'évolution du patient, par rapport à l'objectif de départ, qu'il fallait atteindre. J'allais ainsi tourner d'atelier en atelier, des mois. Je rentrais sur Toulouse un week-end sur trois au début. J'y voyais le vendredi soir le docteur De Subtil, pour le tenir informer de mon évolution et parce qu'il souhaitait faire mon suivi de traitement. Un lundi, de retour de week-end, je vis Mr le Docteur De Mocul Il souhaitait modifier mon traitement. Je ne voulais pas. Il me dit que j'étais à ce centre en hospitalisation comme une autre. J'insistais. Je lui disais que le Docteur De Subtil voulait garder la main dessus. Il me dit, en prenant une expression particulière sur le visage : "il ne faut pas se formaliser". J'en concluais que Mr De Subtil pouvait faire des histoire, officieuse. Une formation en entretien des espaces verts était en jeu. J'obéissais. Et je cessais de rencontrer le docteur De Subtil à l'avenir. Je compris ainsi que l'on était dans ce centre de réadaptation psychosociale en hospitalisation comme dans toute autre structure. J'avais quitté Toulouse dans l'idée de me rendre dans un centre de pré qualification. J'avais reçu, entre le jour de fin de période probatoire et le jour de ma demande écrite d'admission, une brochure publicitaire de la clinique privée qui abritait le centre. Elle vantait la maison et un taux de réussite dans la réinsertion professionnelle avoisinant les 75%. Pour une formation et un métier, il fallait passer par là. Avec le recul, je me demande si la Clinique ne confondait pas, dans sa brochure, l'évaluation des mérites de son système de réadaptation et son bilan comptable, son taux de rentabilité. Je tournais durant des mois. D'autres, déjà, tournait depuis des années. Petit à petit, je me demandais si le centre avait pour résultat autre chose que de multiplier l'inertie des uns, d'accroître la chronicité des troubles des autres, enkyster dans l'assistanat et permettre la continuation des dérives du plus grand nombre. J'avais entendu l'animateur de l'atelier jardin définir les « anciens » du centre « fainéants, assistés et profiteurs ». C'est vrai que certain tournaient depuis 2, 4, 6 et même 8 années. L'un d'entre eux, Mr Blairo était hospitalisé depuis 7 ans avec pour traitement un comprimé de Deroxat au coucher. Je sais bien qu'il souffrait d'une névrose obsessionnelle, mais y avait-il pour autant une logique, dans cette période d'hospitalisation, de santé mentale et de réinsertion.


C'était aussi la philosophie de l'assistanat et des aides de l'état : en veut-tu, en voilà. Ainsi un patient m'avait raconté que Mr Aloaloc, assistant social du centre lui avait proposé un moyen d'accroître son budget. Il s'agissait de faire une demande d'allocation d'adulte handicapé (AAH). Le patient n'avait pas le droit de la percevoir, car il possédait, déjà, une pension d'invalidité. Où plutôt, il aurait à faire son choix entre les deux. La demande est envoyée. La Cotorep, au vu du certificat médical du médecin, accorde le bénéfice de l'AAH. La Cotorep transmet l'accord à la CAF, qui effectue le versement. La mesure est rétroactive jusqu'à la date de la demande déposée. Il faut 6 à 12 mois pour que la Cotorep accorde le bénéfice de l'AAH. La Caf envois, ainsi, 6 à 12 fois 600 euros, montant de l'AAH. La Caf ensuite demande au patient de choisir entre la pension d'invalidité et l'AAH, le cumul étant impossible. Il choisit de rester avec la pension qu'il avait déjà, plus rentable. Le cumul dû à la rétroactivité, 6 à 12 fois 600 euros, par contre est acquis. Le tour est joué. Comme me l'avait rapporté Mr Blairo : "c'est pas très moral, mais la loi le permet", c'est la formule de Mr Aloaloc, assistant sociale. Melle De Camet, infirmière psychiatrique, m'avait dit (je le redis avec mes mots) : « Vous êtes tous malades parce que vous n'avez pas pu vivre. Il ne faut pas avoir des scrupules à demander des allocations. Si le statut d'handicapé vous gène et que vous demandez l'allocation pour l'argent et bien faites le. Cet argent il vous servira. A moment donner il faut faire les conneries que l'on a pas pu faire avant ». Bref. Nous étions de grands adolescents que personne ne poussait vers la sortie. Logés, nourris, blanchis, fumettes dans les chambres, Leader Price pas loin pour l'alcool à bas prix. Franchement, (certains appelleront cela de l'orgueil), je me sentais davantage tirer vers le bas que tirer vers le haut. Et puis tout le monde y aller de son conseil. Du médecin chef à la dame de service, en passant par la stagiaire infirmière première année. Et les réunions de synthèse s'étonnaient que je perde de mon objectif d'arrivée. Que je m'éparpillai. J'avais fait des remarques en ce sens à Mr Mocul. Il s'était mis en colère. A ses yeux, je ne faisais que du clientélisme. Et il fini par partir dans une de ses circonlocutions habituelles (je le redis avec mes mots) : «  Montaigne, il vivait pas loin d'ici. Au début il était seul, puis il a trouvé un ami... et dans ses "essais" il le dit : qu'un ami est une chose bien douce ». Sur le coup, je n'ai pas trop réagis. Clientélisme : quand je rentre dans une pâtisserie et que le vendeur me vante les mérites d'un gâteau, je peux, soit, penser que je vais être le dindon de la farce. Mais je ne peux pas imaginer qu'il y a sous la cerise matière à me faire enculer et handicapé pour la vie davantage. Aujourd'hui, en matière de psychiatrie je sens mieux ce genre de recette. On les appelle science, aides, soins, bons conseils ou bons sentiments.


Et je continuais à tourner (une usine à merde, ai-je écris ailleurs). Au bout de plus d'une année, quelques rotations et quelques réunions de synthèses, je fis un bilan et Mr le Docteur De Mocul me dit : « Oui. Une formation en entretien des espaces verts. Oui, pourquoi pas. Mais je crois que vous devriez faire avant toute chose une psychanalyse. Après quoi, vous pourriez faire ce que vous voulez vraiment. Et puis vous avez fait des études. Vous pourriez faire mieux ». Le docteur De Mocul me dit aussi que : « moment donné, dans la vie, pour s'en sortir, il faut tomber sur des gens compétents ». Le Dr De Mocul me redit qu'il remettait en cause le diagnostic qui avait été posé sur moi. Du moins, me le laisser croire. Et J'y croyais. Vous comprendrez qu'un diagnostic de délire psychotique aigu (que ce soit une schizophrénie ou une paranoïa), peut être en soi une épreuve. Salvatrice, aussi, parce qu'on sait contre quoi l'on se bat. Mes c'est des rêves et une vie qui s'effondre. Un projet à rebâtir. Et un deuil à faire sur une partie d'avenir à jamais perdu. Je ne pouvais que croire un diagnostic moins sévère. C'est naïf, et simplement humain. Je demandais à Mr Mocul le diagnostic qu'il posait. Comme toujours il restait vague. J'avais déjà obtenu certain éléments de réponse : névrose, hystérie masculine, problème de trouble de l'humeur, "vous êtes peut être à cheval", "à la limite". Il me dit qu'il avait, jeune diplômé, soigné en Afrique avec l'armée. J'avais droit à la pathologie « africaine ». Mais il disait ne jamais m'avoir senti « déraper ». Je n'avais sûrement pas fait « un gros délire ». Je n'étais pas "un grand fou". J'allais voir sur ces conseils monsieur le docteur De Lamerde De Plus, médecin psychiatre, exerçant en tant que psychanalyste. Deux rendez vous avec Mr De Lamerde De Plus et il me dit que j'étais prés pour une psychanalyse. Deux séances par semaine, d'abord en face à face. Je quittais progressivement le Centre. On m'attribuer le bénéfice de l'AAH, pour une autonomie et que je puisse prendre un appartement sur Bordeaux. J'avais obtenu une reconnaissance de handicap à 60% à la déclaration de ma maladie. On me fit obtenir une reconnaissance à 80%, pour des revenus plus confortables. Se fut difficile de m'envisager sous cet angle. Mais bon. Il fallait passer par là. Et puis j'allais la connaître, elle. La psychanalyse, j'allais être sauvé. Je continuais à voir le docteur Mocul, pour mon suivi de traitement, à une consultation du soir qu'il tenait à Bordeaux.


Un jour je racontais à Mr De Lamerde De Plus que mon père m'avait offert un chien, un labri, quand je suis tombé malade. Il était venu me le montrer à la clinique où j'avais été hospitalisé à la déclaration de ma maladie. Je lui racontais et je fis un lapsus. Je dis au docteur De Lamerde De Plus : « Il m'a appelé le chien » (au lieu de « il m'a offert le chien »). Le Dr De Lamerde De  Plus me dit : « Vous l'avez entendu ? ». « Oui », je dis. Il reprit empressé : « Vous l'avez entendu le lapsus ? ». « Oui », je répète. Le docteur De Lamerde De Plus me dit alors : « Il est temps alors que vous vous couchiez sur le Divan. Il est temps de régler le problème définitivement ». Nous fixions à 50 francs ce que je devais lui donner en plus des remboursement Cpam. En liquide. C'est symbolique. "Pour racheter mon humanité", j'apprendrais plus tard. Après avoir tant tourner, j'allais m'allonger. Cette fois c'était pour de vrai. J'avais souvent parlé de l'étudiant en architecture dont j'étais tombé amoureux. Je parlais maintenant d'architecture. Au retour d'une séance, un jour, j'avais un message sur mon répondeur : « Ian, bonjour, c'est M. Teto des Beaux Arts. Peux tu me rappeler à mon bureau au n° ..., c'est au sujet du concours d'entrée de l'école d'architecture ». Je pensais à une erreur ou à un idiot qui me faisait une farce. Le lendemain, nouveau message : «Ian, c'est toujours Michel Teto, peux tu me rappeler à mon domicile au n° .... ». Le surlendemain je racontais l'anecdote à Mr De Lamerde De  Plus. Il me dit : « Comment dites vous ? Michel ?". « Teto », je dis. Il me dit : « Teto, téton ? », il me dit. « Je comprend pas le jeu de mot », je lui dis. « C'est pas important", il répond. Je dis alors au Docteur De Lamerde De Plus : « J'aimerais bien que ça m'arrive des choses comme ça". Il rigola sans rien ajouter. Je pensais  sais vrai, ça mets arrivé à moi. Je lui dis : « C'est quand même le plus beau métier du monde, architecte ». Et c'est là qu'il me dit : « Je vous sens profondément architecte. Il faut que vous repreniez des études, pour vivre ce métier ». 32 ans, psychotique, et dyslexique et dyscalculique. Mais à l'époque des faits je ne le savais plus trop. J'espérais beaucoup de cette cure. Il n'est pas trop bon de rêver face à certain docteur en médecine. L'idée en moi germer, reprendre des études. Le docteur De Lamerde De Plus me dit aussi que je pouvais arrêter mon traitement, qu'il ne me sentait pas assez malade pour que je continue à le prendre. Je demandais conseil au docteur Mocul, à la consultation du soir. Il ne contraria pas son collègue. Ce fut beaucoup de bonheur coup sur coup. Une semaine plus tard j'étais ré hospitalisé pour la première fois depuis 10 ans. J'étais sur un lit d'hôpital, je croyais perdre les eaux. Ce « plus beau métier du monde » avait mérité un peu d'introspection supplémentaire. Rassurez vous. Je ne faisais que pisser.

Mais c'était, parait-il, un tout petit délire de rien du tout. Lors de cette hospitalisation, je me prenais légèrement pour un vampire. Mais, vous direz ce genre de docteurs en médecine : « Quand le délire évolue, c'est la personnalité qui évolue. C'est bon signe. Faut continuer ». Ce fut pour moi, une grande tristesse, un choc supplémentaire, un espoir de plus envolé. Je disais au psychanalyste que je voulais arrêter, ou bien essayer autre chose. Il me répondait : « Mais pourquoi voulez vous essayez autre chose, qui existait avant la psychanalyse ». J'allais voir le docteur De Mocul, qui s'occupait de mon suivi. Je lui disais que je voulais essayez autre chose. Il prenait l'annuaire, feuilleté et disait : « Oh là, ça sent le souffre, ça sent le souffre ». Je souhaitais arrêter mais le psychiatre psychanalyste me disait : « Vous rechuter parce que vous n'aller pas jusqu'au bout de vos désirs. C'est parce que toujours vous faites machine arrière ». Cela ne m'engageait pas à arrêter la cure. Je disais, au même, psychiatre : « Vous ne savez ce que c'est que délirer. Rechuter, c'est très dur ». Il me répondait : « C'est facile de mettre votre psychanalyste hors de votre expérience. Qui vous dit que votre psychanalyste n'a pas connu, lui même, ce genre de délire ». Cela pouvait me faire  espérer être un jour à mon tour psychanalyste. C'est vrai que la déréglementation en vigueur me le permettrait. J'allais dire à Mr Mocul que la psychanalyse, c'est « une vraie vacherie ». Il me répondait : « Quand on remue la merde, cela pue. Mais il faut à moment donner crever l'abcès». Et il y allait de son refrain habituel sur les rêves, « la voie royale », « le génie de Freud », il fallait continuer, j'étais sûrement « un grand résistant ».Et puis le Dr De Mocul m'avait dit que personne ne pouvait être totalement gentil, « vous avez bien des chose méchante à dire ». N'aimant pas la méchanceté je ne pouvais que poursuivre ces conseils pour vider le mal. Surtout j'avais appris que l'on allait en psychanalyse « racheter son humanité ». Alors moi le « sorcier », celui qui n'aime personne « au fond de lui », il fallait d'autant plus que je la rachète. Il me disait aussi que j'étais « épris de justice » et il voyait là, seulement, un défaut de caractère. J'étais pris au piège. Il me disait aussi : « vous vous sentais investi d'une mission ? » et moi, buvant ses paroles, je souhaitais comprendre pourquoi il pouvait dire cela de moi. Ces genres de docteurs en médecine sont bons pour mettre en avant des concepts, des catégories, des définitions pour nous assurer de leur science, et assurer leur autorité, leur pouvoir de nous guider vers les chemins qu'ils nous veulent. Pour mission, je choisissez donc de continuer à m'allonger, d'aller une nouvelle fois me faire éventrer l'esprit sur le plumard de son confrère. Et le docteur de De Lamerde De Plus continuait de vouloir modifier mon identité sexuelle. Mettais en oeuvre tout son art pour me sortir d'une « logique d'échec ». Il me dit : « Vous n'êtes pas homosexuel. Il faut que vous trouviez quelqu'un qui vous suce doucement, gentiment ». Je me demande ce qu'il pouvait comprendre au juste de mon problème. De mes désirs, mes érections, mes « bandaisons » comme il les appelait.

 

Publié par mayoune à 17:57:57 dans . | Commentaires (0) |

du | 13 mai 2006

Mais c'était, parait-il, un tout petit délire de rien du tout. Lors de cette hospitalisation, je me prenais légèrement pour un vampire. Mais, vous direz ce genre de docteurs en médecine : « Quand le délire évolue, c'est la personnalité qui évolue. C'est bon signe. Faut continuer ». Ce fut pour moi, une grande tristesse, un choc supplémentaire, un espoir de plus envolé. Je disais au psychanalyste que je voulais arrêter, ou bien essayer autre chose. Il me répondait : « Mais pourquoi voulez vous essayez autre chose, qui existait avant la psychanalyse ». J'allais voir le docteur De Mocul, qui s'occupait de mon suivi. Je lui disais que je voulais essayez autre chose. Il prenait l'annuaire, feuilleté et disait : « Oh là, ça sent le souffre, ça sent le souffre ». Je souhaitais arrêter mais le psychiatre psychanalyste me disait : « Vous rechuter parce que vous n'aller pas jusqu'au bout de vos désirs. C'est parce que toujours vous faites machine arrière ». Cela ne m'engageait pas à arrêter la cure. Je disais, au même, psychiatre : « Vous ne savez ce que c'est que délirer. Rechuter, c'est très dur ». Il me répondait : « C'est facile de mettre votre psychanalyste hors de votre expérience. Qui vous dit que votre psychanalyste n'a pas connu, lui même, ce genre de délire ». Cela pouvait me faire  espérer être un jour à mon tour psychanalyste. C'est vrai que la déréglementation en vigueur me le permettrait. J'allais dire à Mr Mocul que la psychanalyse, c'est « une vraie vacherie ». Il me répondait : « Quand on remue la merde, cela pue. Mais il faut à moment donner crever l'abcès». Et il y allait de son refrain habituel sur les rêves, « la voie royale », « le génie de Freud », il fallait continuer, j'étais sûrement « un grand résistant ».Et puis le Dr De Mocul m'avait dit que personne ne pouvait être totalement gentil, « vous avez bien des chose méchante à dire ». N'aimant pas la méchanceté je ne pouvais que poursuivre ces conseils pour vider le mal. Surtout j'avais appris que l'on allait en psychanalyse « racheter son humanité ». Alors moi le « sorcier », celui qui n'aime personne « au fond de lui », il fallait d'autant plus que je la rachète. Il me disait aussi que j'étais « épris de justice » et il voyait là, seulement, un défaut de caractère. J'étais pris au piège. Il me disait aussi : « vous vous sentais investi d'une mission ? » et moi, buvant ses paroles, je souhaitais comprendre pourquoi il pouvait dire cela de moi. Ces genres de docteurs en médecine sont bons pour mettre en avant des concepts, des catégories, des définitions pour nous assurer de leur science, et assurer leur autorité, leur pouvoir de nous guider vers les chemins qu'ils nous veulent. Pour mission, je choisissez donc de continuer à m'allonger, d'aller une nouvelle fois me faire éventrer l'esprit sur le plumard de son confrère. Et le docteur de De Lamerde De Plus continuait de vouloir modifier mon identité sexuelle. Mettais en oeuvre tout son art pour me sortir d'une « logique d'échec ». Il me dit : « Vous n'êtes pas homosexuel. Il faut que vous trouviez quelqu'un qui vous suce doucement, gentiment ». Je me demande ce qu'il pouvait comprendre au juste de mon problème. De mes désirs, mes érections, mes « bandaisons » comme il les appelait.


Je vous les dis, je parlais de l'étudiant en architecture et d'architecture. Je restais sur une idée. J'étais tombé amoureux, ou peut-être, j'avais beaucoup fantasmé, rêvé, construis des histoires et puis chuté dans un délire. (J'avais eu peur de l'avoir tuer aussi). Le fait que je retrouve cet étudiant en architecture et que je puisse connaître son nom, son prénom, d'où il venait et un peu de lui en connaissant son travail personnel, ne pouvait-il pas sortir de mon histoire un flot de connaissances irréelles et obsessionnelles qui m'handicapais pour avancer et me permettre un rééquilibrage, après avoir poser une meilleure base à cette histoire. Et j'étais de philosophie à penser que l'art guéri. Je veux dire l'artiste, un regard étranger. Je ne parle pas d'art thérapie, d'art thérapeutes, ni des clients qui s'abandonnent à ce genre de consommation. C'est vrai que cet étudiant en architecture était pour moi, de par le charisme qu'il s'en était dégagé à l'époque la personne à qui j'avais voulu partager de cette enfance qu'il me restait encore intacte. Etait-il déjà trop tard dans ma vie ? J'espérais encore cet ami auquel j'aurais pu me confier. Je m'entêtais à vouloir que se soit lui. J'avais parlé de cela à Mr le psychanalyste. Je lui avais ainsi dis : « Il n'y a que l'étudiant en architecture qui pourra me guérir ». Mais Mr le psychanalyste pouffait et me disait : «Mais c'est sûrement un petit con ». J'avais une sorte de répugnance à devoir dire mes mots, donner mes mots à des professionnels pour lesquels ils n'avaient pas éclos à l'origine. Mes mots en perdaient de leurs dimensions, de leur nature. En retour j'en perdais l'intégrité de mon âme, le potentiel à être ce que je suis, à vivre ce que je suis, à choisir mon chemin. Cela participait à d'autres éparpillements, et en gros ce n'était qu'une normalisation. Une normalisation ayant pour logique et dynamique la seule image que ces gens ont de la norme. Bref, quelque chose qui leur ressemble et pour laquelle on doit opter sans rien en savoir. Je m'allonger 2 fois par semaine. Suite à cette rechute, je ne voyais plus aucun lien dans ce que je racontais sur le divan. Je lui disais : «Vous comprenez ce que je dis ». Il répondit « non » et rigola. Cela devait, au moins être drôle. Il n'y avait pas de quoi m'inquiéter. Pourtant je m'inquiétais. J'avais revu un patient du centre de réadaptation. Le docteur De Mocul l'avait envoyé chez le même psychanalyste que moi. Il avait fait six rechutes en 2 ans, avec autant d'hospitalisations, et seulement en face à face. Ce garçon me disait : «Au Docteur De Lamerde De Plus, il lui faut 5 mecs dans le cul pour le calmer ». J'appris, plus tard, qu'il avait fini par se prostituer sur les trottoirs de Bordeaux. Le psychanalyste lui disait-il à lui aussi qu'il fallait vivre les expériences vers lesquelles on était attirés. J'ai fini par demandait au docteur De Lamerde De Plus : «Etes vous réellement compétent pour soigner ma pathologie ? ». Il me répondait : « De quoi je me mêle ? ». Je voulais arrêter plus que jamais. Je disais « c'est un soin palliatif ». Il s'acharnait à me dire que cela était « curatif ». Je disais : « Il faut arrêter trouver moi une solution (pour arrêter sans que je répète les plombs) ». Il me disait : « Nous n'en sommes pas là ». Je délirais, j'avais déliré. Mais le psychanalyste De Lamerde De Plus me disait : « Le processus de création est très proche du processus délirant », et autres flatage d'ego, foutage de gueules et techniques marketing entraînant le client où l'on veut le presser. Ma mère, un jour, m'avait appelé au téléphone. Suite à la rechute, elle me disait qu'il faudra me mettre sous tutelle. Je l'engueulais. Elle me disait que c'était le docteur De Mocul, lui même qui le lui avait conseillé des mon entrée au centre de réadaptation. Vous comprenez le sentiment qui montât en moi. Il m'avait trompé dés le départ. La colère, la violence montaient. J'allais voir Mr le psychanalyste De Lamerde De plus. Le même qui m'avait fait entrevoir des études d'architecture, qui m'avais fait arrêter le traitement avec son confrère, qui donc m'avait entraîné irrémédiablement à une rechute, ce docteur en médecine avait la délicatesse de me dire : « Si vous ne faites pas attention, on ne pourra pas l'éviter ». Comme le dira plus tard, à ma mère, une association Bordelaise de défense des droits des personnes « handicapées » : «Quand cela tourne mal, ces gens là s'en lavent les mains ».


Je me souviens aussi de la difficulté qu'avait ce médecin à tenir son poste de travail. Mon père est né Mayoune, de père et de mère inconnu le 31/12/32 à Menton. J'ai pris conscience très tôt après la déclaration de ma maladie qu'il y avait là un secret de famille. Du moins que l'explication habituelle sur ce fait ne tenait pas la route. On raconte qu'à l'époque ma grande mère (Lusso) était mariée à un  Ruffio, et qu'elle avait pour amant Marius Brunet, mon grand père. A la naissance de Jacques (mon père), ils ne pouvaient ni l'appelait Ruffio, puisque Marius Brunet en était le père, ni Brunet, puisque Marius était lui aussi mariait de son coté. Ils sont donc allés à l'état civil, ils ont inventé un nom. Et voilà. J'avais tenté de dire mes doutes sur cette explication à ma famille. Comme toujours, ils furent traités comme symptomatologie, et surtout idiotie. Mon père me disait peu de temps avant sa mort : « A l'avenir, quoi qu'il arrive, ne fait jamais confiance à tes frères. Ils se croient plus intelligents que tous le monde, ils croient toujours avoir raison, mais ils remuent beaucoup de vent pour pas grand chose ». Et c'est vrai que mon frère aîné sur ce « secret de famille » appuyer son raisonnement sur un fait résumé dans cette phrase : « Si Marius n'était pas notre grand père, où aurions nous tiré notre intelligence ». Et il éprouve du bonheur chaque jour à lui ressembler davantage. Plus tard quand ma famille décida d'engager une action pour me faire mettre sous tutelle, je serais le jouer de cette névrose familiale : un ancien chef d'entreprise, grand comme un bâtiment, qui d'où il est, nul doute, les emmerde toujours. Eux. C'est trois et leur chemin respectif : un de commerce, un d'hypocrisie et un de lâcheté. Nul doute qu'à cette occasion, il leur aurait foutu leurs dernières baffes. Mais reprenons le témoignage. Le docteur De Mocul me disait au sujet du « secret de famille », qu'en effet il y en avait un. Peut être que je devrais demander à l'armée, « la grande muette », me conseillait-il. Mon père avait servit les armées 17 ans. Il me parla de la dynamique du « secret de famille ». Et en vint à me citait les gens autrefois, les gens dans les campagne, les paysans, son milieu d'origine. Et il parlait, parlait. Moi j'écoutais comme toujours en bon élève. Et il fini par faire trois lapsus. Il me foutait ma tante à la place de ma mère, entre autre. Et il me tutoyer avant de s'en excuser. Je ne vous cache pas que j'eus du mal à gérer « le transfert ». Je ne savais plus si mon père était mon père, ou bien s'il était en définitive mon frère, ou bien si le docteur De Mocul avait fait un enfant à sa belle-soeur. J'étais au bord de l'évanouissement. Au bout d'un quart d'heure de discours, il me laissa dire trois mots. Et lui qui me disait toujours : "je ne vous ai jamais senti « déraper », il me dit alors : « Mais pourquoi cela vous émeus tant, je vous sens tout fragilisé tout à coup ». (Je laisse cela à l'appréciation des spécialistes).


Mon docteur psychanalyste, lui, à qui je racontais les faits continuait à pouffer. Et puis le docteur De Mocul avait fini par me dire : « Le cerveau c'est comme de la pâte à modeler. Le psychanalyste, avec les outils et les techniques qu'il est seul à savoir mettre en oeuvre, remodèle la personnalité de l'individu dans le sens de son mieux être, et dans le sens des désirs profond de l'individu qu'il est le seul à pouvoir percevoir ». Le docteur psychanalyste, Mr De Lamerde De Plus m'avait lâché, lui aussi : « Il n'y a pas de psychanalyse sans expérimentation ». Ces parole s'ajoutaient à celles qu'ils me disaient de plus en plus souvent : « Il suffit de  se laisser faire, avoir confiance ». Au début où je le voyais, le docteur en psychanalyse m'avait fait le coup marketing favori de sa famille. Il remplissait la feuille de soin. Puis réajustait ses lunettes de presbyte. Il avait fait une erreur. Il n'avait pas coché la case Ald. Il me le dit et rajouta : « C'est un acte manqué. Je ne dois plus vous voir en Ald » A l'avant dernière séance où je me rendais, il en fit un autre. Je sortais de son cabinet. Je m'aperçus qu'il avait mit sa signature sur la feuille de soin à l'emplacement réservé à l'assuré. Je déchirais sur le champ la feuille, là sur son palier. La séance suivante, la dernière où je le vis, je me mettais de moi-même en face à face. Rien n'était dit sur mon geste. Je parlais. Dans une phrase j'exprimais ma culpabilité. Mr le docteur en médecine psychanalytique, leva les yeux au ciel. Par ailleurs j'avais croisé Mr De Lamerde De plus avec un petit jeune homme dans un parking. Quand je lui disais qu'il était homo Mr De Lamerde De Plus se montait en mayonnaise et me renvoyait : « Mais je ne me reconnais pas du tout dans ce que vous dites de moi ! ». Un autre jour, je le voyais rentrer dans un bar à pute. Souvent je le voyais acheter son carton de vin au supermarché. . Tout cela n'était pas bon pour le transfert et l'effet s'ajoutait aux pratiques thérapeutiques d'irresponsable du psychanalyste. Ce Mr De Lamerde De Plus qui s'offusquait que je l'appelle Monsieur, que je l'appelle Docteur et qui rêvait que je l'appelle Papa. Travail psychothérapeutique oblige. Lecteur, faites cette expérience. Ouvrez l'annuaire à la rubrique psychiatre, psychologue, psychothérapeute ou psychanalyste. Prenez au hasard. Rendez vous sur place. Vous verrez le prétentieux, l'arrogant, le tas de merde, la nulasse, le charlatan ou l'ordure qui s'autorisera à vous dire qu'il est ou qu'elle est la personne qui vous a toujours manqué et qu'il vous faut pour vous construire. La réglementation l'autorise. Le législateur s'en branle. Et la lâcheté le perpétue. Faites le test. Et jugeait par vous-même.


Je me souviens d'un professeur de mathématique que j'avais en classe de première. Il était fils d'ouvrier et avait dû travailler dur pour réussir ses études. Il avait voté Mitterrand en 1981 comme la majorité de ses collègues. Nous étions en 1985. Il commençait à déchanter. Je me souviens il nous avez expliqué une chose. L'ambition était d'amener 80 % d'une génération au Bac. Il fallait pour cela faire rentrer en masse des professeur dans l'éducation nationale. C'était l'époque aussi où les meilleurs élèves se désintéressaient de plus en plus du professorat qui avait perdu de son prestige. Le ministère proposait donc (x) postes de Capes. Il se présentait (x) postulants. Ce professeur de mathématiques expliquait qu'ainsi, à cette époque, pratiquement tout élève qui se présentait été reçu. En capes de math, de physique ou de biologie, disait-il, il n'est pas rare que l'on décroche son diplôme avec une note entre 5 et 8/20. Je n'ai jamais entendu parler du problème ailleurs. Ces prof qui n'ont que pour passion de leur métier ce que leur en a rabâcher leurs partis, leurs syndicats ou leurs sciences de l'éducation; ces profs qui n'ont plus la passion de la matière qu'il enseigne puisqu'il n'en sont que de pale représentant ; ces profs peuvent de par la nature qui les constitue avoir un quelconque charisme, tenir une classe et un enseignement. Je pose la question. Les problèmes dans les écoles, la violence, la baisse des niveaux sont-ils vraiment un fait de société. Ne sont-ils pas plutôt un problème de politique politicienne. Je suis de l'avis de Nicola Sarkozy. C'est un grand coup de Karcher qu'il faut. Mais ce n'est pas dans les cités qu'il faut le passer. C'est à l'éducation nationale. Je sortais. Je ne savais plus comment arrêter cette cure sans me suicider ou répéter les plombs. J'étais en colère. J'allais tout arrêter. Je partais vers le quartier St Michel de Bordeaux pour tenter de me procurer une arme à feu. Je voulais buter ce cher docteur en psychanalyse. Bien sur, je ne porte pas plainte. Ma philosophie actuelle me l'interdit. Mon corps me dit tant qu'il n'est pas trop bon de rêver face à ce genre de docteurs en médecine. Ma première entrée en psychose n'avait, finalement, pas laissé de trace sur mon visage. Les bons soins de ces gens et les trois derniers... Me faudra beaucoup de sagesse pour m'épanouir. A côté de ces phases aiguës délirantes, fruits des prétentions d'accompagnement de ces médecins, il y avait un fond habituel. J'avais publié des poèmes dans la gasine littéraire d'une association d'insertion. J'avais cru reconnaître certains vers de ces poèmes dans des « messages personnels » que j'avais lus dans la rubrique du même nom du journal « Libération ». Je lisais ce journal régulièrement à l'époque. Je me souviens aussi d'un message qui disait « lâche tout, donne tout petit prince ». Cela m'avait fait délirer et avait été traité pour de la paranoïa. Il y avait aussi cet appartement. J'étais domicilié au 163 rue Ste Catherine, côté rue, au 2ème étage. En face de chez moi, côté pair de la rue et à un étage supérieur, il y avait un appartement qui m'intriguait. Pendant deux ans, je n'y ai vu personne. De temps en temps, une lumière était allumée dans ce qui semblait être le hall d'entrée. Les fenêtres de gauche et de droite étaient fermées par des persiennes. La fenêtre du milieu resta ouverte deux ans de suite. Constamment avec un cendriers et un verre sur le rebords.


Il y a aussi, durant mon séjour à Bordeaux, les problèmes de ma famille à Toulouse que je ne pouvais pas éviter. Je me souvenais du jour où j'avais parlé à mon père les dernier temps. Et d'un jour où je m'étais aperçus qu'il n'avait plus son alliance. Il la tenait de sa mère Alice, à la mort de son père Marius. Je lui avais fait la remarque de cette absence. Il m'a répondu : « on me l'a volé à l'hôpital ». Il était fatigué. Il ne pouvait plus se battre. Et il me disait cette perte comme si cela n'était rien du tout. J'en souffrais pour lui. Il y avait déjà eu une histoire de « bague volée » dans la famille. Es-ce pour cela qu'il n'avait jamais fait échos de la disparition de son alliance. Je ne le sais pas. Il y a, aussi, que ma mère me rapportait les problèmes de la famille et en particulier de mon frère aîné. Je l'avais eu au téléphone, un jour. Elle était en larme. Elle n'en pouvait plus. Elle avait demandé à sa belle fille de déclarée les sommes d'argent (6000 f / mois de fin 1995 à début 2002) qu'elle lui donner pour qu'elle puisse subvenir au besoin de sa famille inactive. Il faut vous dire que ma mère, Le Stunff, fut orpheline à 16 ans, suite au décès (par cancer) de ma grande mère maternelle. Gisèle fut placée son la tutelle de sa tante. Ma mère quitta ainsi Neuilly, ses amis, son école où elle était la première de sa classe et rejoignit sa tante maternelle, militaire, en poste au Maroc. Vous comprendrez que le mot « cancer » peut avoir, chez elle, une dimension particulière, ses rêves brisés, la fin de son enfance, et le deuil. Ma mère a toujours pensait qu'elle mourait jeune d'un cancer. Et il y a quelques années, sa belle fille fut opérée de ce qui fut nommé un cancer. « Ce qui fut nommé ainsi », je dois dire, parce qu'il y a toujours eu des doutes dans l'esprit de ma mère. Un jour, elle était soit disant en traitement de la dernière chance à Claudius Regaut. Ma mère voulu lui rendre visite.  Sa belle fille n'y avait jamais était inscrite. Et depuis quinze années s'étaient une suite de cancer, de rechutes, et d'autres maladies que sa belle fille inventoriée sur elle-même et sur ses enfants à chaque appel. Le doute planait, mais ma mère préférait faire la politique de l'autruche. Elle disait qu'elle ne pouvait pas profiter de ses revenus de retraite. Je lui disais qu'elle était en droit de demander un état de compte financiers mais aussi de santé, devant les sommes engagées. Mais elle disait : « Je préfère pas savoir » J'insistais, elle répondait : « Ils sont mariés, ils ont des enfants, on ne dérange pas les gens mariés ». Alors, moi gentil, je lui disais de déclare ce qu'elle me donnais. Ce fut fait. L'année suivante, autant mettais diminuer sur mon allocation. Je ne pouvais plus payer mon loyer. Ma mère me dit alors : « je le prend en charge ». Et plus tard, devant le tribunal, elle m'incriminait ces sommes. Elles étaient le reflet de mes inaptitudes, mes incapacités. Elles étaient ajoutées au 6000 f de découvert postal. J'avais en ces temps, tentais de soulever ce problème. Mon autre frère me dit : « Cela n'a rien à voir ». Et au moment où je tentais devant ma famille de me défendre de leurs intentions, des mots très durs étaient prononcés. Ce reste de famille ne me prêtait plus ni santé, ni autonomie, ni bonheur possible. C'était à rajouter au sentiment d'abandon et de rejet que représenter, en soit, le fait de me placer sous administration de tutelle. Le docteur Mocul, dans un coup de fil à ma mère, ne voyait dans mon refus de me soumettre à cette solution « d'assistanat » que le fait de ma symptomatologie et de ma pathologie. C'est pourquoi je fais Appel et je demandais à Mme Miami, Juge du TGI, de faire procéder à une expertise psychiatrique sur ma personne. C'était, avant tout, proclamer mon droit à la santé, tout simplement mon droit à la vie. Il est des chemins qui au autant de valeur que des chemins de commerce ou de petit patron avorté. Le docteur De Subtil le comprit. Il me dit : - « vous avez certes de gros problèmes. Mais il serait injuste de vous considérer comme le seul problème de votre famille ». Et le Docteur Boubello me disait : « Si votre famille s'entête à ne vous voir que comme un idiot, un incapable et un malade, je les recevrais pour leur expliquer le problème. Il suffira dans faire la demande ». Sur un autre conseil, les photocopies des cahiers de compte de ma mère, mentionnant toutes ses dépenses, de la mort de mon père à la décision qu'ils prirent de me mettre sous tutelle, sont conformes aux originaux, chez mon avocat, Maître Chiakov. Il est vrai que ce reste de famille et sa dynamique son infecte. Un nouveau procès et à prévoir, comme me l'a laissé entendre le docteur De Subtil Ma mère me disait un jour : « Je compte sur toi, à ma mort, pour faire comprendre à ( ) qu'ils se sont toujours foutu de ma gueule, mais que je les ai aidés, toujours, quand même ». Je préfère en parler ici et avant la mort de ma mère. Je ne souhaite pas plus tard m'entendre en hallucinations et pour mission, de l'un « va tuer ce ... » et de l'autre « va tuer cette ... ». Vous comprendrez, je crois. 
 

Publié par mayoune à 17:56:04 dans . | Commentaires (0) |

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